Réponse à la publicité du Syndicat National des Antiquaires

A la chasse, traquer et achever un animal déjà blessé n’est pas faire preuve d’audace, encore moins de courage.

C’est pourtant ce que le Syndicat National des Antiquaires vient de faire en signant une campagne de publicité honteuse, tant est bas le coup porté aux maisons de ventes.

La publicité visible en quatrième de couverture du dernier numéro de L’Estampille (voir illustration ci-dessus) vante les mérites d’une transaction vierge de frais, effectuée directement auprès des antiquaires, après une litanie de phrases chocs et assassines détaillant ce qui semble être à leurs yeux, nos pratiques habituelles.

Ces sentences que le rédacteur a habilement ponctué de termes suppositifs, découragerait en effet le plus téméraire des collectionneurs à participer à une vente publique : frais vendeurs jusqu’à 15 %, frais acheteurs de plus de 25 %, une différence de 35 % entre le prix marteau et le prix perçu par le vendeur ; et cerise sur le gâteau : une transaction au final jamais garantie…

Quel est le but du SNA, sinon de décrédibiliser le monde des ventes aux enchères, déjà bien affaiblit par l’Affaire Drouot ?

Ce procédé n’est définitivement pas la meilleure façon de soutenir le marché de l’Art en France qui depuis quelques années déjà, régresse vis-à-vis de ses concurrents étrangers.

L’alternative pour le consommateur, pour reprendre les termes de la publicité, ne sera ni la vente publique, ni même l’antiquaire, mais bien l’étranger !

Incompréhensible, est donc cette attitude du SNA qui, sans les ventes aux enchères présenterait des stands bien vides lors des diverses biennales, et n’aurait pu, au passage, illustrer cette publicité par le morceau d’agrément d’Antoine Callet, toile exposée au Salon de 1777 et intitulée « Cérès furieuse de l’enlèvement de sa fille Proserpine par Pluton, menace Jupiter de ravager les moissons ».Une œuvre entrée il y a peu au Musée de Boston, vendue à ce dernier par un célèbre antiquaire parisien qui lui-même en avait fait l’acquisition… en vente publique.Jupiter et Cérès

Que l’on soit, légitimement comme Cérès, furieux, qu’une si mauvaise publicité colle à notre future profession ne doit pas faire de nous les artisans de la discorde.

Et à l’image du jugement de Jupiter à l’égard de Proserpine, recherchons l’entente plutôt que le conflit.

O.F.

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