L’Association nationale des élèves commissaires-priseur en 1ère page du JDA

Le Journal des Arts, bimensuel de référence sur l’actualité de l’art et de son marché à travers le monde, publie dans son n°315 du 11 décembre 2009, une interview réalisée par Armelle Malvoisin de Arnaud Lelièvre président de l’Association nationale des élèves commissaires-priseur :

Vous êtes intervenu le 28 octobre lors de la convention du Symev (Syndicat national des maisons de ventes volontaires) pour lancer l’idée d’une réforme sur la formation de commissaire-priseur en France. Comment cela a commencé ?

Il y a un an, l’ANECP (Association nationale des élèves commissaires-priseurs) a lancé une réflexion sur les conditions de la formation au métier de commissaire-priseur en France. Nous rencontrons en effet certaines difficultés, que ce soit pour trouver un stage ou pour financer la formation sans passer par un emprunt bancaire ou une aide familiale. Et le système des quatre examens exclusifs sur deux années de formation amène un trop grand nombre d’élèves à sortir du cursus, sans diplôme. Après l’examen d’entrée, le taux de réussite à la sortie (en volontaire) est inférieur à 50%

Que proposez-vous et de quelle façon comptez-vous vous faire entendre ?

Le nouveau projet de réforme des ventes aux enchères volontaires ne parle pas de la formation professionnelle. Nous avons donc entrepris la rédaction d’un rapport sur la formation à notre métier que nous avons fait parvenir au Conseil des ventes volontaires (CVV), à la Chambre nationale des commissaires-priseurs judiciaires, au Symev, aux commissaires-priseurs eux-mêmes et à la Chancellerie. Nous proposons entre autres, d’accroître les offres de stages formateurs en incitant financièrement les commissaires-priseurs à prendre un stagiaire, par exemple en défalquant son coût de cotisations versées au CVV. Nous souhaiterions que notre système de formation prenne la forme d’un master de type grandes écoles, duquel on sort logiquement diplômé après un examen d’entrée qui doit rester sélectif. Enfin, le statut d’étudiant nous permettrait de résoudre un certain nombre de problèmes dus à une situation ambigüe d’élève salarié.

Que pensez-vous du manque d’intérêt, ou d’effort, des commissaires-priseurs à l’international ?

La loi de 2000 sur le marché de l’art a permis l’installation de sociétés étrangères en France, mais n’a pas encouragé les Français à partir à l’étranger. C’est pourquoi notre formation devrait inclure une ouverture à l’international en encourageant les élèves à effectuer un stage dans l’espace communautaire. La dispense de cours en langues étrangères adaptée à l’exercice de la profession (pour la description d’un objet, la tenue d’enchères ou des négociations commerciales) me semble un autre point essentiel pour répondre au défi de l’internationalisation.

Comment avez vous réagi au décret paru en février 2009 suite à la directive européenne dite « qualification », qui permet aux personnes ayant exercé deux années à l’étranger d’obtenir facilement une équivalence à la profession de commissaire-priseur ?

Cela a crée un malaise et nous a encouragés dans notre démarche. Cette directive s’applique aux 26 pays membres de l’Union européenne où il n’existe aucune formation aussi exigeante qu’en France, voire pas de formation spécifique. Certains Français profiteront sans doute des avantages anglais, allemands, italiens ou espagnols pour contourner les contraintes françaises, puis revenir exercer la profession en France. Cela nous conforte dans l’idée que la formation française doit s’adapter en prenant en compte cette nouvelle donne. Notre formation doit devenir un véritable avantage concurrentiel.

Vous êtes commissaire-priseur diplômé depuis quelques jours. Quel est votre projet professionnel et comment voyez-vous l’avenir ?

Je souhaiterais avoir ma propre maison de ventes à court terme. Il y a de beaux défis à relever. Les commissaires-priseurs doivent pouvoir évoluer et s’adapter au marché. La mode change de plus en plus vite. Les goûts des nouvelles générations ne sont plus les mêmes que ceux des précédentes. Les thèmes de collections changent, et les priorités d’achat aussi. C’est à nous, professionnels des enchères, en tenant compte de tout cela, de captiver les amateurs d’art, de stimuler l’envie de culture, en créant des événements autour de nos ventes.

Propos recueillis par Armelle Malvoisin

L’article original est téléchargeable ici au format PDF

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