![]() Interencheres.com donne la parole aux commissaires-priseurs de demain ! Aujourd’hui, Astrid Guillon, élève commissaire-priseur et stagiaire chez Maitres Chayette et Cheval, revient sur des enchères du mois passée. Stagiaires dans des maisons de ventes, les élèves commissaires-priseurs seront amenés dans un futur proche à tenir eux-mêmes le marteau d’ivoire. Interencheres.com leur ouvre ses pages pour qu’ils nous parlent des ventes aux enchères à l’organisation desquelles ils participent.
Le 20 février dernier, l’étude Chayette & Cheval dispersait à l’Hôtel Drouot quelques cent trente lots de faïences et de porcelaines, un éventail plutôt charmant des productions européennes.
Lot n°106 – Meissen : Belle et rare théière couverte de forme sphérique, l’anse en console rocaille et le déversoir terminé en tête d’aigle sont rehaussés de dorure. Décor polychrome sur les deux faces dans des médaillons représentant des scènes chinoises animées de personnages de l’atelier d’Heroldt, dans des réserves de rinceaux polychromes et dentelles en dorure, avec semis de fleurs des Indes et petits insectes. Marquée : KPM et 39 en dorure. Vers 1730. H. 13 cm. Adjugé 38 000 € (hors frais)
D’autres théières de la célèbre fabrique illustrent les décors dits Hausmaler, le terme d’Hausmaler désignant les peintres indépendants qui se procuraient des pièces blanches plus ou moins légalement à la manufacture et les décoraient chez eux. Elles sont peintes en camaïeu de gris de grande qualité (en allemand « schwarzlot », une technique également utilisée à Vienne) et représentent le travail de certains ateliers tel que celui des frères Seuter ou d’Ignaz Preissler. Les théières concernées obtenaient 7500, 11 000 et 15 000 €.
Lot n°109 – Théière piriforme couverte à déversoir orné d’un mascaron masculin
Après les théières, la production française s’illustrait par un admirable ensemble d’assiettes de Sèvres représentant trois grands services réalisés à l’époque de Louis-Philippe dans les années 1830 à 1850, alors qu’Alexandre Brongniart était directeur de la Manufacture : le Service des Productions de la Nature, le Service des Pêches Maritimes, et le Service Forestier. Vendues avec faculté de réunion, les vingt-six pièces ont trouvé preneur à 260 000 €, et resteront donc réunies en une même collection. Chacune est un petit chef-d’œuvre à elle seule. Les coquillages du premier service sont peints avec un réalisme et une polychromie étonnants, à la manière de planches d’histoire naturelle. D’ailleurs, chaque pièce est signée et légendée au dos : « Cône damier // Porcelaine fausse-arlequine // Eburne à carreaux » ou encore « Harpe ventrue // Peigne // Corail rouge // Œufs d’oiseau ». Cette précision scientifique dans les décors, que l’on retrouve dans les trois services cités, est le fruit de la volonté de Brongniart qui s’est adjoint le concours de botanistes, d’ethnographes et de géographes.
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Sèvres : Assiettes du Service des Productions de la Nature
Sèvres : Assiettes du Service des Pêches Maritimes
Le plus attendu était peut-être le Service Forestier illustré des arbres de France, d’Angleterre, du Pérou ou du Brésil ; des forêts animées de scènes de chasse (« La chasse au cerf aux îles Lucon »), de bataille (« La défaite de Charles II à Worcester en 1651 »), de jeu (« Jeux et divertissements des jeunes filles en Polynésie »),…
![]() Sèvres : « Assiettes du Service Forestier »
Assiette plate ordinaire du Service Forestier, |
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